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126.1Merci
Il y a un moment où il faut se rendre à l'évidence, je n'ai plus le temps de m'occuper de ce blüg et ça risque de durer un moment.
Le mieux est donc d'annoncer officiellement sa fin, et de dire merci aux quelques 7.000 visiteurs qui sont passés par là, c'est bien plus que tout ce que j'aurais pu imaginer.
N'hésitez pas à visiter les liens à droite de cette page et gardez les yeux ouverts !
September 10 125.1Review Rock en Seine 2006
Vendredi 25 août : Je débute ce festival sur fond de Calexico qui proposait les deux derniers morceaux de leur set sur la Grande scène. Sympathique mais insuffisant pour me permettre une quelconque opinion. Le temps de retrouver quelques amis, on se dirige vite vers la scène Cascade pour découvrir India.Arie. Concert entendu d'une oreille lointaine, la chanteuse estampillée label Motown nous propose une soul agréable mais pas franchement marquante et prendra la guitare à plusieurs occasions. Elle fini son concert sur une chanson douce qui sera totalement couverte par l'écho de 'Popular' interprétée par Nada Surf sur la Grande scène. A la fin du concert, direction la scène Industrie pour voir Neïmo, groupe sélectionné dans le cadre des Avants Seine du festival. L'influence des Strokes se fait immédiatement ressentir et la formule chant / guitare / clavier / batterie est cohérente. Certains titres (Hot Girl en tête) sont réellement plus efficaces que d'autres mais l'ensemble forme un tout homogène très rock & roll. Le chanteur (très looké) semble à l'aise devant un public assez présent, mais je ne suis pas certaine qu'à ce stade les private joke soient véritablement à conseiller. Un petit tour sur la scène Cascade pour voir de loin quelques titres de Clap Your Hands Say Yeah. Pour les avoir vus à plusieurs reprises, je sais qu'aujourd'hui comme les autres fois il ne se passera rien d'intéressant au niveau des musiciens, le chanteur s'obstinant à jouer les autistes de service, et Robbie Guertin, guitariste / claviériste / choriste de son état, étant le seul à dégager un peu de vie sur scène. Malgré tout, les premiers rangs réagissent immédiatement aux mélodies accrocheuses de leur album éponyme qui composera le set. Quelques nouvelles chansons dans la parfaite lignée de leurs aînées seront aussi présentées au public. Je prends ensuite direction de la Grande scène pour voir la performance des Dirty Pretty Things. Comme prévu, Carl Barât à l'épaule droite en échappe et un cinquième musicien assurera ses parties de guitares, sauf sur l'avant dernière chanson (France) où Barât prendra son instrument. Je n'ai pas tout vu du concert, et si leur musique reste plaisante, elle ne supporte pas la comparaison face aux compos des Libertines. Les fans ont semble-t-il bien appréciés et il y avait une bonne ambiance sur scène comme dans la fosse. Remplaçant de (presque) dernière minute de Richard Aschcroft, Kasabian nous offre un set propre et efficace. Personnellement je ne connaissais pas vraiment mais ce que j'en ai entendu m'a bien plu. Après il n'est pas dit que j'écoute ça en boucle chez moi, mais dans ce cadre là, c'est parfaitement bien passé. Petite pause pour remplir l'estomac, petit tour du côté de la Grande Scène pour assister à la dernière chanson de Patrice (du reggae pêchu) et retour sur la scène Cascade pour The Raconteurs. Moi qui n'attendais rien de ce concert, car un poil déçue par leur performance à Werchter début juillet, je suis finalement rentrée dedans dès les premières mesures pour ne plus jamais en sortir. Ils sont donc quatre sur scène, un batteur, un bassiste au teint livide, Jack White qu'on ne présente plus, et Brendan Benson, peut-être moins connu que son comparse mais tout aussi talentueux. Entre les deux chanteurs / guitaristes l'alchimie transparaît tellement que je me surprends à apprécier les solos de guitare interminables de l'ami Jack alors que généralement les trips 'led zeppiens' ont tendance à me faire fuir. Mais ce soir, non, je kiffe grave, tant sur les chansons plus marquées par la patte de Brendan Benson (Together) que sur les délires très 70's de Jack White (Broken Boy Soldier entre autres). Le quatuor nous offre en prime une reprise bouleversante de Bang Bang (My Baby Shot Me Down) de Nancy Sinatra, ainsi qu'une reprise d'It' Ain't Easy de David Bowie. Alors que résonne la dernière chanson, on en redemanderait presque, mais c'est sans compter que le grand et le beau Morrissey doit investir la Grande scène quelques minutes plus tard. On se dirige donc aussi vite qu'on peut vers ladite scène, mais le Moz a été plus rapide que nous et a déjà entamé son set avec Panic (aaaahh ! dégoûtée de ne pas pouvoir l'apprécier tranquillement installée dans la fosse), on presse le pas, le chemin parait interminable, et puis il faut faire attention de ne pas perdre la moitié de la troupe au passage, on fredonne le refrain en se disant que ce n'est pas grave "on a au moins le son", mais la situation est terriblement frustrante. On fini par trouver notre place alors qu'Irish Blood, English Heart est déjà bien entamée, mais c'est bon, on y est enfin et on le voit, toujours aussi classe avec sa chemise rouge et sa veste noire. Sur scène, les instruments habituels avec un gros gong derrière la batterie et en fond, la photo de Jean Gabin jeune (ça c'est lui qui nous le dira plus tard en usurpant son identité le temps d'une blague). Ce soir, il n'y a pas de batterie aux couleurs de l'Italie mais une marquée d'un 'Pigsty'. C'est à partir d'How Soon Is Now que je ne suis plus là pour personne, je m'enivre de chaque note, de chaque son émanant si puissamment de la scène. Entre les chansons, Morrissey n'est pas avare de paroles, et tantôt nous raconte une histoire qui lui est arrivée à Buffalo, tantôt nous présente ses musiciens avant de déclarer qu'il est Sacha 'Disturbed' (clin détourné d'oeil à Sacha Distel), tantôt accuse la police de vouloir aller dormir (d'où l'heure précoce de la fin du festival : 23 h 15). Bref, il est très en forme ce soir, toujours aussi joueur avec son micro, et toujours aussi charismatique. La setlist fera une belle place aux deux derniers albums, avec quelques titres plus anciens, le tout parsemé de trois chansons des Smiths, et notamment un Stop Me If You Think You've Heard This One Before qu'on attendait pas du tout à l'heure du rappel. Suivra Now My Heart Is Full en guise de dernière chanson, une dernière petite blague comme quoi les policiers allaient sortir leur fusil si on ne quittait pas les lieux rapidement, et c'est déjà fini. On ne pouvait rêver mieux pour clore cette première journée, et on repartira avec Life Is A Pigsty dans la tête, titre comme d'habitude annoncé mais qui a laissé la place à Let Me Kiss You. Setlist : 1. Panic / 2. Irish Blood, English Heart / 3. Don't Make Fun Of Daddy's Voice / 4. In The Future When All Is Well / 5. How Soon Is Now / 6. Let Me Kiss You / 7. At Last I Am Born / 8. I Will See You In Far Off Places / 9. The Youngest Was The Most Loved / 10. To Me You Are A Work Of Art / 11. Girl Friend In A Coma / 12. You Have Killed Me / 13. I Want To See The Boy Happy / 14. First Of The Gang To Die // 15. Stop Me If You Think You've Heard This One Before / 16. Now My Heart Is Full -- Samedi 26 août : Arrivée sur les lieux en début d'après-midi, j'ai tout le loisir d'apprécier le set de Broken Social Scene sur la scène Cascade. Une petite averse (la seule du tout le week-end) viendra légèrement contrariée mon attention, mais je reste globalement conquise par la petite troupe. Feist et Lisa Lobsinger nous feront l'honneur de prendre le micro sur quelques titres. L'ensemble reste agréable et est parfait pour commencer sereinement cette nouvelle journée de festival. Changement radical de décor avec Fancy qui officie tout de suite après sur la scène Industrie. Le trio extra-terrestre de la scène parisienne nous propose un glam-rock très sympathique. Ils ont le look, ils ont l'attitude, d'accord, ils sont français dans un festival français et lancent leur interjections en anglais, mais on ne leur en voudra pas, tellement ils jouent le jeu à fond et nous embarque sans problème dans leur délire. Quelques titres m'ont plus marquée comme l'excellent Inside Of You ou Seventeen, ainsi que leur reprise I'm So Excited des Pointers Sister qui a littéralement mis le feu. Comme le veut la formule, on va dire que c'était court mais intense. L'australien Xavier Rudd et ses trois dijeridoo ne retiendront pas mon attention et je préfère aller faire un tour à l'expo photos, consacrée cette année au travail de Jean-Baptiste Mondino. Puis vient l'heure de Phoenix prévu sur la Grande scène et la joie de voir enfin ce groupe en live. Joie d'autant plus vive qu'outre les titres de leur dernier album comme Consolation Prizes, Rally ou Long Distance Call, le Run Run Run d'Alphabetical, nous avons eu droit à If I Ever Feel Better leur incontournable premier single, mais surtout à Too Young lui aussi issu d'United, le premier opus des versaillais. Bref, un excellent set de pop songs qui nous a parmi de bouger notre popotin et m'a permi de replonger quelques années en arrière. On quitte la Grande scène pour aller voir Skin, et là c'est un peu la déception du jour, voire la déception du festival. Non pas parce que l'ex chanteuse de Skunk Anansie a perdu de sa folie et n'assure pas le show (au contraire), mais parce que la durée de leur temps de passage est plus courte qu'habituellement et que certains titres que j'attendais vraiment ne sont jamais venus. Alors je ne dis pas que ce n'était pas bien, j'ai quand même bien apprécié, mais il manquait quelque chose par rapport aux autres fois où je l'ai vu sur cette tournée. Mais ce n'est pas grave, ça ne pourra qu'être mieux la prochaine fois. Setlist : 1. Alone In My Room / 2. She's On / 3. Faithfulness / 4. Movin' / 5. Charlie Big Potatoe / 6. Hedonism / 7. Just Let The Sun / 8. Take Me On / 9. I Can Dream On prend ensuite la direction de la scène de l'Industrie où est attendu Rhesus. Le trio grenoblois assure un set net et sans bavure, parcourant l'ensemble de leur répertoire et nous proposant même une nouvelle chanson sur la fin (avant dernière chanson). C'est bien plus rock que sur album et c'est toujours autant un plaisir de les voir sur scène. On retiendra un final des plus énergiques où Simon finira debout à l'envers sur sa batterie tout en continuant de frapper les cymbales alors qu'Aurélien et Laura martyrisent leur guitare et basse, ça claque sévère ! Dommage que le set ne durera que 35 minutes, c'est décidément trop court. Setlist : 1. The Actress / 2. Electricity / 3. Just Let Go / 4. Shooting Star / 5. Talk Talk Talk / 6. New Song / 7. You & Me On laissera The Rakes faire bouger la fosse de la scène Cascade pour aller se restaurer, mais nous reviendrons quand même assister aux cinq dernières chansons des londoniens. Alors oui leurs chansons sont efficaces pour vous faire vous dandiner, oui c'est très drôle de regarder les mouvements spasmodiques du chanteur, sauf que The Rakes c'est quand même on peut tout le temps la même chose. Mais bon, on aura même pas le temps de le penser qu'on se dirige déjà vers la grand Scène où voir Beck. Lorsqu'on arrive au niveau de la Grande Scène Loser résonne déjà et un spectacle de marionnettes a investi les écrans géants. Concept très original car les marionnettes en question sont à l'effigie de Beck et de ses musiciens et le spectacle a lieu en live and direct sur scène. Le show de ce soir sera un fameux mélange d'anciens et de nouveaux titres, avec les habituels ingrédients qu'on connaît comme le danseur fou ou le repas pendant Clap Hands plus la nouveauté de cette année : les muppets donc. Sur scène les musiciens s'amusent aussi à échanger leur instrument, et ainsi le bassiste frappera sur une deuxième batterie, le guitariste jouera du clavier, et ainsi de suite. Rien à voir avec la musique mais le clou du spectacle restera pour moi le petit film de marionnettes axé sur Paris et sur les faux coulisses du festival, particulièrement réussi et irrésistiblement drôle (forcément ça ne rend pas grand-chose vu comme ça mais pour les curieux : Muppets Show - YouTube). Après ça le groupe revient sur scène et deux hommes déguisés en ours foutent le feu et s'improvisent hip-hoppeurs sur 1000 BMP. Le set se terminera sur E-Pro et on est franchement triste que ça s'arrête si vite. Bref, un excellent concert, à l'exception d'un passage un peu mou qui m'a permis de me reposer un peu pour reprendre de plus belle par la suite. Setlist : 1. Loser / 2. Girl / 3. Nausea / 4. Devil Haircut / 5. Minus / 6. The Information / 7. Qué Onda Guero / 8. Black Tambourine / 9. He's A Mighty Good Leader / 10. Whiskeyclone, Hotel City 1997 / 11. Motorcade / 12. Broken Drum / 13. Pay No Mind / 14. Lost Cause / 15. The Golden Age / 16. Clap Hands / 17. One Foot In The Grave // 18. 1000 BPM / 19. Where It's At / 20. E-Pro Radiohead cloturera cette 4ème édition de Rock en Seine, et est-ce vraiment la peine que je revienne sur ce concert qui a littéralement tout explosé. Je mentirai en disant que c'était mon meilleur du groupe car celui aux Arènes de Fréjus en 2000 restera pour moi le plus beau, mais il est clair que la prestation à laquelle nous avons eu droit ce soir là prend facilement la deuxième place. Je ne vous cacherai non plus que je n'ai pas vu grand chose des jeu de lumières et / ou de scène car j'ai passé les trois-quarts du concert dans ma bulle (comprendre les yeux fermés) faisant abstraction des quelques 30.000 personnes qui m'entouraient, afin d'apprécier pleinement l'énergie qui fusait de la scène, et franchement quel pied ! Parmi cet espèce de best of où s'entremêlaient quelques nouvelles chansons, j'ai attendu sans relâche la première note de Just qui n'est jamais arrivée et ça sera ma seule petite et infime déception tellement le reste était parfait. Thom York qui n'était pas très bavard (mais est-ce si important) à tout de même fait l'effort de parler en français, c'est assez rare pour être souligné. Après le très bon final de Morrissey la veille, la barre a quand même été placée un ton au dessus ce soir, Radiohead ayant été incontestablement le meilleur groupe de ces deux jours. Setlist : 1. Airbag / 2. 2+2=5 / 3. The National Anthem / 4. My Iron Lung / 5. Morning Bell / 6. Fake Plastic Trees / 7. Videotape / 8. Nude / 9. The Gloaming /10. Paranoid Android / 11. All I Need / 12. Pyramid Song / 13. Lucky / 14. The Bends / 15. I Might Be Wrong / 16. Idioteque / 17. Everything In Its Right Place // 18. You And Whose Army / 19. Bodysnatchers / 20. There There / 21 Karma Police September 08 124.1Le cauchemar de Darwin II - le retour
Le déversement de plusieurs tonnes de déchets toxiques, peut-être venus de l'étranger, dans des décharges d'Abidjan, a provoqué la mort d'au moins deux personnes et intoxiqué des centaines d'autres, embarrassant un gouvernement ivoirien accusé de laxisme par les victimes.
Au moins deux fillettes sont mortes lundi après avoir inhalé ces produits toxiques déversés depuis trois semaines dans des décharges publiques d'Abidjan, a-t-on appris mardi de source hospitalière. "Il y a eu deux morts, une fillette de quatre ans et une autre de neuf ans au CHU (Centre hospitalier et universitaire) de Cocody", l'un des quartiers chics de la capitale économique ivoirienne où les produits ont été déversés, a affirmé à l'AFP un responsable du CHU de Cocody sous couvert de l'anonymat. L'affaire a été dévoilée ces derniers jours dans la presse d'opposition, et a pris de l'ampleur à mesure que l'on recensait des victimes d'intoxication par centaines dans la capitale économique ivoirienne. Selon plusieurs quotidiens, dans la nuit du 19 au 20 août, le Probo Koala, un navire affrété par une société immatriculée aux Pays-Bas, aurait déversé plusieurs tonnes de déchets très toxiques dans les décharges publiques d'Akouédo, de la zone industrielle de Vridi et du plateau Dokoui. Depuis, plusieurs centaines d'habitants des quartiers bordant ces décharges ont été victimes d'intoxications. Lundi après-midi, alors que le gouvernement continuait de garder le silence, une source hospitalière a indiqué à l'AFP que le centre hospitalier universitaire (CHU) du quartier de Cocody avait reçu, depuis le jeudi précédent, plus de 340 personnes intoxiquées par l'inhalation de ces déchets. Au CHU de Treichville, un autre quartier d'Abidjan, on indiquait également qu'un nombre inconnu de personnes intoxiquées avaient été prises en charge. Dans l'après-midi, plusieurs centaines de personnes ont manifesté sur le plateau Dokoui en dénonçant le "laxisme" du gouvernement. Réclamant "la vérité et la transparence", les manifestants, en majorité des jeunes, ont érigé des barrages, notamment autour de la décharge, obligeant les automobilistes à rebrousser chemin. Rassemblés dans le calme, ils brandissaient des pancartes barrées des slogans "Banny (Charles Konan Banny, Premier ministre, ndlr) et son gouvernement, notre vie vous appartient", "Produit toxique ou armes bactériologique, on meurt" ou encore "Pour de l'argent on nous tue". Sur place, de nombreux riverains interrogés par l'AFP se sont plaints de problèmes d'estomac, de saignements du nez ou de difficultés respiratoires. Le directeur du zoo d'Abidjan, le seul du pays, situé dans le quartier, s'est de son côté inquiété des conséquences de cette pollution sur ses animaux. Dans la soirée, le ministre ivoirien de la Santé a fini par admettre que des déchets toxiques avaient bien été déversés sur plusieurs sites d'Abidjan. "Le gouvernement continue à chercher tous les sites où ces déchets on été déversés", a déclaré le ministre, Rémy Allah Kouadio, à la télévision publique ivoirienne. "Effectivement, ces déchets sont composés de produits toxiques", a-t-il admis, ajoutant: "Nous en sommes conscients, mais les dispositions sont en train d'être prises au niveau de la santé". "La Côte d'Ivoire n'a jamais eu à faire face à un tel fléau", a-t-il souligné, en précisant que le gouvernement mettait "à la disposition de la population des médicaments de premières nécessité". L'opposition ivoirienne a vivement réagi lundi par la voix du Rassemblement des Républicains (RDR), qui a affirmé dans un communiqué que les autorités portuaires "avaient été avisées du contenu exact du bateau et savaient qu'il ne s'agissait pas d'eaux usées normales mais de déchets toxiques" contenant notamment de l'"acide sulfurique" et des "éléments chlorés". Estimant le nombre de victimes à "550 à ce jour", le RDR a condamné la "légèreté" des autorités et exigé du gouvernement "la publication des résultats des analyses et enquêtes en cours le plus rapidement possible" et une "prise en charge totale des victimes". September 06 123.2Environnement : une prise de conscience émerge aux Etats-Unis, selon Al Gore
L'ancien vice-président américain Al Gore, qui a dénoncé les dangers du réchauffement climatique au festival de Deauville par le biais du documentaire "Une vérité qui dérange", a estimé dimanche qu'une prise de conscience était en train d'émerger aux Etats-Unis. "La manière dont les gens appréhendent cette question a changé ces derniers mois, a affirmé M. Gore en conférence de presse. Beaucoup de gens parlent de ce sujet aux Etats-Unis et des phénomènes naturels comme l'ouragan Katrina ont attiré l'attention de millions d'Américains". "Il y a de nombreux signes d'espoir, a-t-il poursuivi. Des industriels ont changé d'avis sur ce problème, de nombreux conservateurs évangélistes qui ont soutenu Bush ont publiquement exprimé leur désaccord avec lui sur la question, et 281 villes ont adopté de façon indépendante les limitations (des gaz responsables du réchauffement atmosphérique) fixées par le protocole de Kyoto". Selon Al Gore, il est important d'éduquer les pays en développement à la protection de l'environnement, un combat qui lui est cher et est relaté dans "Une vérité qui dérange". "La Chine et l'Inde connaissent une croissance sans précédent due à la mondialisation, a souligné l'ancien vice-président démocrate. C'est important de comprendre que ces pays veulent se développer. Mais nous pouvons les influencer pour qu'ils choisissent d'autres sources d'énergie (...) qui polluent moins, afin qu'ils ne répètent pas les erreurs que nous avons faites à l'Ouest". Al Gore, vice-président de Bill Clinton de 1993 à 2001 et candidat malheureux à sa succession face à George W. Bush en 2000, avait été le négociateur des Etats-Unis pour le protocole de Kyoto, qui fixe une réduction globale des gaz responsables du réchauffement atmosphérique. Conclu en décembre 1997, il est entré en vigueur en février 2005, mais le président Bush a refusé de le ratifier. Terre Sacrée - 6 septembre 2006 123.1La Californie s'engage à réduire les émissions de gaz à effet de serre Le gouverneur républicain de Californie Arnold Schwarzenegger a annoncé mercredi avoir signé un accord "historique" avec le parlement californien pour réduire les émissions de gaz à effet de serre, une décision qui se démarque de la politique du gouvernement fédéral. La Californie est le premier Etat des Etats-Unis à s'engager à réduire ses émissions de gaz à effet de serre, conformément au protocole de Kyoto. Les Etats-Unis, responsables de 25% des émissions mondiales de gaz à effet de serre, n'ont pas ratifié le protocole de Kyoto, conclu en 1997 et entré en vigueur en 2005 pour les pays signataires. George W. Bush a répété que les contraintes liées à ce traité international menaçait les industries de son pays. Les pays ayant ratifié le protocole de Kyoto se sont engagés à diminuer significativement leurs émissions de gaz à effet de serre d'ici à 2012 par rapport aux niveaux de 1990. Cet accord "sera un exemple pour d'autres Etats et d'autres pays pour continuer la lutte contre le réchauffement climatique", a estimé Arnold Schwarzenegger. Le 31 juillet dernier, M. Schwarzenegger avait critiqué l'inefficacité de la politique américaine en matière de lutte contre le réchauffement climatique et avait déclaré que "la Californie (n'attendrait) pas le gouvernement fédéral pour s'engager des actions" dans ce domaine. Terre Sacrée - 1er septembre 2006 September 05 122.2Des nouilles chinoises cuisinées aux OGM
Greenpeace affirme avoir découvert des traces d'un riz génétiquement modifié interdit dans des pâtes à base de riz, en France, en Allemagne et en Grande-Bretagne.
Des OGM non autorisés dans les assiettes françaises ? C'est ce que dénonce Greenpeace, tests à l'appui. L'organisation écologiste affirme avoir détecté des traces d'un riz génétiquement modifié interdit dans des nouilles de riz en France et en Grande-Bretagne, ainsi que dans des vermicelles en Allemagne. En France, les nouilles sont vendues par le plus gros importateur et distributeur de produits asiatiques, Tang Frères. Selon les résultats de tests de Greenpeace, les nouilles contiennent du riz « BT-63 ». Un riz génétiquement modifié à l'aide d'un gène de la bactérie bacillus thuringiensis qui lui permet de produire une protéine qui rend la plante résistante aux insectes. Ce riz n'a jamais, selon Greenpeace qui le considère « potentiellement allergène », été testé pour ses impacts pour la santé. Ces découvertes européennes surviennent deux semaines après un scandale américain: l'annonce de la contamination par un OGM de riz américain à long grain importé en Europe. Ce LL Rice 601, conçu par Bayer Cropscience, est interdit. Il n'avait, selon Greenpeace, jamais été cultivé nulle part, à l'exception de quelques parcelles expérimentales entre 1998 et 2001. Plusieurs cargaisons « positives » avaient été interceptées en Europe et Bruxelles a décrété le 23 août un embargo sur les importations de riz long grain des Etats-Unis, qui ne serait pas certifié exempt d'OGM. Après l'annonce de Greenpeace, la Commission européenne a vivement réagi mardi en fin de matinée. « La présence dans l'alimentation de traces d'organismes génétiquement modifiés (OGM) non autorisés dans l'Union est illégale et il est de la responsabilité des opérateurs d'assurer qu'ils ne mettent pas sur le marché des produits alimentaires qui ne respectent pas la réglementation de l'UE », a déclaré Barbara Helfferich, porte-parole de la Commission. « Les opérateurs n'en font clairement pas assez, a-t-elle ajouté. La Commission a écrit vendredi aux opérateurs (pour leur dire) que nous attendons que tout produit à base de riz intégrant un contenu illégal soit maintenu hors du marché ». Bruxelles a également annoncé son intention de demander des explications à la Chine. Libération - 5 septembre 2006 122.1Homophobie, une question d'éducation
Par Philippe CASTEL conseiller principal d'éducation à Ivry, responsable à la FSU de la lutte contre les discriminations liées à l'orientation sexuelle et à l'identité de genre. Aujourd'hui, mardi, passent en justice cinq jeunes gens coupables d'avoir, le 13 juillet à Ivry, arrosé un couple d'homosexuels d'insultes homophobes puis de menaces, et finalement d'avoir jeté des cocktails Molotov dans leur appartement, simplement parce que ces deniers, excédés par le bruit en bas de leur immeuble, leur avaient demandé d'en faire un peu moins. Quelques jours plus tard, à Vitry, c'est le corps nu et inconscient mais heureusement toujours vivant d'un jeune homosexuel qui était découvert dans un parc, le visage tuméfié, le crâne fracassé et la cage thoracique enfoncée. Comme souvent dans les cas d'homophobie, et d'ailleurs dans la majorité des actes de violence sexuelle, ces faits sont commis par des individus de sexe masculin, justifiant leur rejet de l'existence même de l'homosexualité par l'image qu'ils se font de la virilité. A trop dire aux garçons qu'ils ne sont pas des filles et qu'à ce titre ils n'ont pas le droit d'être sensibles, on fabrique des petites brutes fières de leur masculine suprématie. Car il ne faut pas s'y tromper : derrière ces poings jetés à la face de l'autre, il y a le sentiment que la force fait l'homme et témoigne de sa puissance, donc de son existence.
L'intelligence est réservée aux filles, aux tapettes ou aux bouffons. L'effet de groupe et la tyrannie de l'image que l'on doit y donner viennent décupler ces manifestations de violence primaire et font obstacle à toute volonté d'échapper à cette panurgique attitude. L'homophobe ne fait que véhiculer des valeurs que lui a transmises son milieu social et culturel, en les exacerbant dans ses comportements excessifs. Nulle part on lui a dit qu'il pourrait peut-être mettre tout cela en perspective, nulle part on lui a dit qu'être un homme c'est bien plus que n'être seulement pas une femme, nulle part on ne lui a permis de déconstruire ces schémas mortifères. Il est bien allé à l'école, pourtant, mais que lui a-t-elle dit de tout cela ? A quel moment l'a-t-elle amené à réfléchir, à quel moment lui a-t-elle dit qu'il était dans l'erreur ? Les seules représentations qu'il a eues de l'homosexualité, dans l'enceinte de l'école, c'est cet élève au collège qu'il a martyrisé, et dont il n'est même plus sûr qu'il était vraiment homo, mais qu'en tout cas personne n'a jamais défendu, ni parmi ses camarades ni même parmi les adultes. Les cours d'éducation sexuelle n'ont évoqué que la reproduction, une fois en cours d'histoire on lui a dit que les nazis avaient déporté et gazé des homosexuels, et le seul prof perçu comme homo était l'objet de tous les chahuts et se gardait bien de sortir du placard. Préjugés d'un autre âge ? L'école aurait changé ? Certes, elle a évoqué la question, mais avec tant de précautions qu'à la longue on peut se demander si elle n'a pas honte de sa propre audace. Lorsque l'on lit, dans le tout récent guide du formateur pour l'éducation à la sexualité, édité par le ministère de l'Education nationale, que l' « orientation sexuelle et les pratiques sexuelles font partie de la sphère privée. L'orientation sexuelle ne devrait être connue que si la personne le fait savoir », on s'étonne, comme si l'hétérosexualité dominante ne s'exposait jamais dans l'espace public. Mais quand on lit ensuite qu'il « convient d'être attentif à ce que la loi du groupe n'enferme pas des adolescents dans une identité homosexuelle, à la suite d'expériences ou de rites illicites de passage (par exemple le bizutage) ne relevant que de pratiques sexuelles », on comprend en fait qu'il est dit que des adolescent(e)s mais surtout les garçons, probablement, vu ce qui est décrit peuvent se laisser aller à des comportements homosexuels sans pour autant que le regard porté sur ces pratiques ne fige leur orientation sexuelle, ce qui serait très grave. Pour ne pas avoir la désagréable impression que la crainte de cette fixation et de cet « enfermement » ne s'exprime que pour les comportements homosexuels, on aimerait lire que des rites hétérosexuels ne doivent pas, eux non plus, figer les adolescents dans l'hétérosexualité. Autrement dit, être hétérosexuel ne devrait pas nécessairement aller de soi, et la possibilité devrait être énoncée dans l'espace social qu'aucune normalité en la matière ne s'impose. Partout, en filigrane, dans ce document, transparaît la peur de faire du prosélytisme en faveur de l'homosexualité, ou tout au moins d'en être suspecté. En confinant l'orientation sexuelle à l'espace privé (représentation totalement mythifiée de ce qu'elle est réellement, au moins pour l'orientation hétérosexuelle) et en affirmant qu'elle doit rester confidentielle, on se protège ainsi de l'expression de l'orientation homosexuelle dans l'espace social. Et c'est ainsi que des générations d'homophobes se reproduisent et se multiplient, et peuvent sévir sporadiquement, alors qu'une intervention volontariste de l'école contre l'homophobie permettrait peut-être de la faire reculer, à défaut de la faire disparaître. Certains pays n'ont pas hésité à impliquer l'administration publique dans ce combat. Il est temps que la France fasse de même, et que notre ministère de l'Education n'ait plus peur de son ombre. La lutte contre le sexisme et l'homophobie, et leur corollaire le virilisme ambiant, contribuerait efficacement à faire reculer la violence, qui tend à remplacer toute forme de rapport social, et remettrait au centre des rapports humains l'échange, le respect et l'envie de connaître l'autre, la diversité n'étant plus alors considérée comme une menace. Le sexisme et l'homophobie signent la défaite de la pensée du vivre ensemble, et ces récents actes sexistes et homophobes témoignent de l'urgence devant laquelle est placée notre société si elle ne veut pas reculer. Seule l'éducation, à condition d'engager un combat volontariste sur ce terrain, peut encore contribuer à nous faire éviter le pire. La seule répression, en ces matières comme en d'autres, arrive toujours trop tard et ne sert qu'à se rassurer, alors que l'origine de ces actes n'est jamais combattue à la racine. Libération - 5 septembre 2006 September 04 121.1Faux médicaments, le fléau mondial
La contrefaçon fait des centaines de milliers de morts chaque année, notamment en Chine, un des principaux producteurs. Pilules de consommation courante ou innovations très chères, antibiotiques ou Viagra, en matière de médicaments, la Chine contrefait tout. Même des vaccins pour protéger les poulets de la grippe aviaire. La semaine dernière encore, la police shanghaïenne a démantelé un réseau qui vendait du faux Tamiflu, le médicament antigrippe du géant pharmaceutique suisse Roche. Plus de 400 kg de pilules prêtes à être mises en vente sur l'Internet ont été saisies. La Shanghai Xidi Pharmaceutical aurait écoulé plus de 600 000 dollars de faux médicaments en quelques mois d'existence... Cette fois, le faux vaccin était inoffensif. Mais l'industrie chinoise du faux pharmaceutique fait des centaines de milliers de morts. Sur son propre marché d'abord, puis chez ceux vers qui elle exporte sa production : ses voisins asiatiques et les pays du Sud en mal de traitements abordables. Cet été, l'Organisation mondiale de la santé (OMS) a tiré la sonnette d'alarme sur les contrefaçons d'artésunate, un médicament contre le paludisme, fraîchement débarquées sur le continent africain. Une chose est sûre, le gouvernement chinois affiche une volonté de faire la chasse aux pilules de mauvaise qualité ou contrefaites. En premier lieu sur son territoire. Comme dans la plupart des pays à faible couverture sociale, beaucoup de Chinois achètent des médicaments dans la rue. « Seulement un quart de la population a accès à un système d'assurance maladie, insiste Valerio Reggi. Depuis un an, il y a des campagnes de contrôle avec des petits camions qui vont dans les zones rurales ». Au-delà des motivations de santé publique, les intérêts économiques poussent les autorités à montrer leur détermination dans cette lutte. « Comme les Indiens, les Chinois sont des spécialistes de l'exportation de médicaments finis mais aussi de matières premières. Ils doivent trouver des solutions, c'est une question d'image », note Cinthya Ramirez, analyste à l'IFPMA (International Federation of Pharmaceutical Manufacturers and Associations). D'autant que le secteur est en plein essor. La Chine représente 2 % du marché mondial du médicament, mais la croissance annuelle est de 17-18 %. « En 2001 , les Chinois ont accepté d'adopter des règles de bonnes pratiques de fabrication des molécules, souligne Valerio Reggi . Les fabricants ont dû s'adapter, c'est pourquoi des usines ont fermé, environ 2000 en cinq ans ». « Délirant ». Depuis début 2006, l'OMS met en place un groupe de travail international pour harmoniser la lutte contre la contrefaçon de médicaments. Il s'agit de mettre au point une législation modèle de répression, que chaque Etat pourrait ensuite adapter. « Dans la plupart des pays, la contrefaçon n'est pas définie comme telle, la loi porte sur la protection des marques, explique Valerio Reggi. A certains endroits, les faussaires risquent plus pour la contrefaçon d'une marque dix ans de prison que pour celle d'un médicament deux ans. C'est délirant ». De nombreux partenaires (2) et une dizaine de pays dont la Chine participent au projet. En tout cas officiellement. « Lors de la première réunion, en février, le gouvernement chinois avait envoyé trois représentants qui semblaient sérieux et prêts à collaborer. En juillet, à la deuxième réunion, il n'y en avait aucun », relève un responsable français de l'industrie pharmaceutique. (1) The Lancet Infectious Diseases, 21 août 2006.
(2) Dont l'Organisation mondiale du commerce, l'Organisation mondiale des douanes, Interpol, des associations de fabricants, de patients ... Libération - 4 septembre 2006
June 06 120.1May 30 119.1Semaine de mobilisation pour le développement durable en France
Pour la quatrième année consécutive, la Semaine du développement durable, du 29 mai au 4 juin, appellera citoyens, collectivités et entreprises à changer leurs habitudes pour ménager la planète et le climat. "En 2002, seuls 9% des Français avaient connaissance de cette notion, aujourd'hui 50% disent connaître le mot et 40% peuvent en donner la définition. Le terme est bel et bien entré dans l'usage courant", constate la ministre de l'Ecologie, Nelly Ollin. "Le thème commence à prendre du sens", reconnaît Christian Brodhag, délégué interministériel au développement durable, qui s'avoue plus "dubitatif sur les changements de comportement" qu'occasionne cette semaine d'événements. En l'occurrence, près de 1.400 initiatives - soit le double de l'an dernier - ont été retenues dont une centaine, le Top 100, sont considérées comme "particulièrement remarquables". On retrouvera ainsi des expositions, des journées portes ouvertes, une série de conférences et colloques et des actions de terrain : promotion du vélo ou des économies d'eau dans le lavage des voitures, labellisation "développement durable" dans des villages de moins de 2.000 habitants. Le tout sera appuyé par une campagne de spots radio et télévision et la distribution d'affiches et de brochures sur les "gestes citoyens" au quotidien, dont l'une, aux couleurs de Babar, est destinée aux 4-8 ans.
L'organisation patronale, le Medef, occupe également le terrain en lançant son guide d'une centaine de bonnes pratiques à destination des entreprises, qui sont de plus en plus nombreuses à communiquer sur le développement durable. "Les entreprises agissent dans leur intérêt, mais beaucoup d'entre elles ont compris qu'elles seront mieux positionnées demain si elle prennent en compte l'environnement, le changement climatique", assure M. Brodagh. "C'est un mélange d'intérêt bien compris et d'insertion dans la société, qui avance à coup de régulations et d'approches volontaires". Le ministère réfléchit aux possibilités d'étendre "l'étiquette énergie", déjà appliquée aux voitures et à l'électro-ménager à d'autres produits, afin de signaler leur valeur en dioxyde de carbone (CO2), particulièrement néfaste au climat, indique François Bordes, conseiller Energie-Climat. Par exemple, comptabiliser et afficher les émissions de gaz à effet de serre sur une barquette de fraises importées du bout du monde hors-saison? D'ici là, "aux consommateurs de se montrer responsables", estime Mme Olin.
Selon Elizabeth Pastore-Reiss, directrice d'Ethicity - agence de conseil aux entreprises sur le développement durable - "un Français sur deux se sent concerné par l'état de la planète: "Sur 4.500 personnes interrogées en mars, 83% indiquent avoir pris conscience de leur pouvoir d'action au travers de leurs achats. Et plus de 20% pensent qu'il faut simplement consommer moins". Si rien ne répond à ces préoccupations, prévient-elle, "on court le risque de voir les plus gros consommateurs opter pour la décroissance".
May 16 117.1Sans commentaires ...
Stéphane Lhomme, porte-parole du réseau écologiste "Sortir du nucléaire", a été arrêté et placé en garde à vue mardi à Bordeaux par la Direction de la surveillance du territoire (DST), apprend-on de source judiciaire.
Il est soupçonné de détenir un document classé "confidentiel-défense" sur le réseau nucléaire EDF. L'opération a été ordonnée par le parquet de Paris dans le cadre d'une enquête préliminaire pour "compromission du secret de la défense nationale".
La DST a perquisitionné à son domicile dans le but de retrouver le document en question, diffusé par "Sortir du nucléaire" sur son site web. La nature de ce document n'a pas été dévoilée dans l'immédiat. L'organisation écologiste avait notamment publié en février dernier des documents EDF présentés comme classés "confidentiel", qui montraient selon elle que l'EPR, nouveau type de réacteur nucléaire, ne résisterait pas au choc d'un avion lors d'un attentat suicide avec un avion. Elle a aussi publié d'autres documents montrant, selon elle, que certaines pièces des circuits de refroidissement de secours de 34 centrales nucléaires EDF ne sont pas en conformité. Le délit de compromission du secret de la défense nationale est passible de cinq ans de prison et de 75.000 euros d'amende. Le député-maire écologiste de Bègles, Noël Mamère, a jugé l'arrestation de Stéphane Lhomme "scandaleuse". "Pendant que les plus hauts responsables de l'Etat instrumentalisent les services secrets français pour leurs barbouzeries, on arrête Stéphane Lhomme, militant anti-nucléaire pour atteinte au secret défense comme s'il s'agissait d'un dangereux terroriste", a-t-il dit à Reuters. "C'est la preuve que le pouvoir préfère l'opacité à la transparence en matière nucléaire", a-t-il ajouté. Reuters - 16 mai 2006 May 15 116.2Emission de CO2 : les quotas européens sont trop généreux
Alors que les négociations internationales sur la lutte contre le réchauffement climatique reprennent aujourd'hui à Bonn, l'Union européenne a fait la démonstration de son incapacité à remplir ses obligations en matière de limitation des rejets de gaz à effet de serre. Le bilan rendu public lundi par la Commission de Bruxelles montre que la plupart des pays de l'UE ont affiché des émissions industrielles de gaz carbonique inférieures aux quotas qui leur avaient été alloués. Non pas que les industriels sont devenus subitement vertueux, mais parce que ces quotas, définis par les Etats et approuvés par l'UE, étaient trop généreux. C'est en tous cas l'analyse fait à Bruxelles comme chez les écologistes.
En 2005, les émissions de l'Allemagne ont ainsi été inférieures de 21 millions à son quota de 495 millions de tonnes, celles de la France de 20 millions à son quota de 151 millions. Le Royaume-Uni a dépassé de 33 millions son quota de 209 millions. Chypre, le Luxembourg, Malte et la Pologne ne sont pas inclus dans ces statistiques en l'absence de données fiables. Les projections des experts de Bruxelles montrent qu'en l'absence de nouvelles mesures de réduction de la pollution, l'Union européenne dans son ensemble et 13 des 25 pays membres ne seront pas en mesure d'atteindre ces objectifs. « La France contribue largement a rendre inefficace le marché européen du carbone. Pour l'année 2005, les allocations de quotas françaises excèdent de plus de 13% les émissions réelles des installations couvertes par la directive », expliquait lundi Laetitia De Marez, chargée de campagne Climat pour Greenpeace. « La France n'a pas joué le jeu dans la définition du plan d'allocation. Non seulement elle inonde le marché européen mais encore, elle renonce à un outil potentiellement efficace pour diminuer ses émissions nationales de gaz à effet de serre et ainsi respecter ses engagements au titre du protocole de Kyoto et de son objectif facteur 4 ».
Il est probable que les écologistes seront, au moins partiellement, entendus, quand il s'agira de définir la seconde phase de la stratégie européenne, pour les années 2008-2012, qui devrait réduire fortement les quotas.
Une telle issue aura de quoi satisfaire Londres, qui avait opté d'entrée pour une politique plus stricte que ses voisins, et dépasse donc ses quotas. La Grande-Bretagne a déjà appelé l'exécutif européen à se montrer plus dur. De leur côté, la France et l'Allemagne espèrent obtenir de la Commission une modification de la directive « quotas de CO2 » en vue de limiter l'effet de l'augmentation éventuelle du coût du CO2 qui est répercuté dans le prix de marché de l'électricité, a annoncé lundi le ministre français délégué à l'Industrie, François Loos. Les producteurs d'électricité estiment que le coût des émissions de gaz à effet de serre alourdit le prix final d'électricité sur le marché. Logique, puisque c'était l'objectif de la politique de quotas : contraindre par la bourse les industriels à produire plus propre… Et de ce côté là, le bilan de l'année 2005 aura été catastrophique sur le plan de l'efficacité européenne : les allocations de CO2 très généreuses ont provoqué une forte chute des cours sur le jeune marché des crédits carbone. Les premiers chiffres diffusés à la fin avril par certains pays membres, inférieurs aux quotas, ont ainsi fait chuter le marché de 60% en trois semaines. Alors que les discussions sur l'après-Kyoto, à partir de 2012, achoppent sur la question de l'implication des pays émergents dans la lutte contre le réchauffement, l'impuissance européenne apportera de l'eau au moulin des pays qui, comme l'Inde, la Chine, le Brésil et l'Afrique du Sud, demandent plus d'efforts à l'occident. La réunion à Bonn cette semaine de la Convention-cadre de l'Onu sur les changements climatiques (CCNUCC) devrait traduire une fois de plus l'affrontement entre les quarante pays riches qui ont pris des engagements dans le cadre du protocole de Kyoto et les pays du sud. Car il est vrai que l'essentiel de la hausse attendue des émissions de gaz à effet de serre au cours des prochaines décennies viendra des pays émergents. C'est déjà le cas depuis dix ans. La Banque mondiale, qui constate une hausse de 15% des rejets planétaires en seulement dix ans le soulignait la semaine dernière dans son « Livre vert ». Mais les pays du sud rétorquent que le réchauffement constaté depuis un siècle est de la responsabilité du nord. « Les pays en développement attendent des pays industrialisés qu'ils jouent un véritable rôle moteur dans les efforts pour limiter les émissions avant qu'ils n'acceptent eux-mêmes des objectifs contraignants », a déclaré lundi Richard Kinley, secrétaire par intérim de la CCNUCC. Libération - 15 mai 2006 116.1Le réchauffement climatique pourrait faire des millions de morts d'ici la fin du siècle selon un rapport
Le réchauffement climatique pourrait faire des millions de morts en raison d'inondations, de famine, de sécheresse et de violences qui en découleraient d'ici la fin du siècle, avertit un rapport qui sera publié lundi par l'association caritative britannique Christian Aid. Selon cette organisation, quelque 162 millions de personnes pourraient succomber à des maladies causées par le réchauffement climatique dans la seule région d'Afrique sub-saharienne. D'autre part, la lutte pour des ressources qui se raréfieront risque de provoquer des violences. Christian Aid exhorte dans son rapport le gouvernement britannique à prendre les devants parmi les pays riches pour enrayer le réchauffement climatique. L'organisation prône surtout le passage de pays d'Afrique sub-saharienne aux énergies renouvelables, ce qui bénéficierait selon elle à l'environnement tout en générant des emplois, en améliorant la santé de ses habitants et en créant de meilleurs conditions pour l'éducation. "Ce rapport expose clairement et met à nu l'impact dévastateur qu'aura le changement climatique provoqué par l'Homme sur de nombreuses populations parmi les plus pauvres du monde", a déclaré Sir John Houghton, qui a siégé dans un groupe de travail scientifique établi par le Comité intergouvernemental sur le changement climatique. "Cette réalisation expose un impératif moral inéluctable pour ceux d'entre nous dans le monde développé qui avons tant bénéficié d'énergie peu chère à base de carburants fossiles. Nous devons répondre par une action urgente et déterminée", a-t-il rajouté. Quotidien Permanent du Nouvel Observateur - 15 mai 2006 May 14 115.1Documentaire déclaré d'utilité publique
--> site officiel : www.thecorporation.com A lire aussi : Psychopathes & Cie : La soif pathologique de profit et de pouvoir - Joël Bakan
May 05 114.116.119 espèces menacées de disparition
Selon l'Union mondiale pour la nature (UICN), qui a publié mardi la liste des espèces animales et végétales menacées d'extinctions, « la perte de biodiversité s'accélère » . Parmi les espèces concernées : l'ours polaire, l'hippopotame et les poissons d'eau douce. L'Union mondiale pour la nature (UICN) a publié mardi la liste rouge des espèces animales et végétales menacées d'extinctions. 16.000 espèces sont concernées, dont l'ours polaire, l'hippopotame et les poissons d'eau douce. « La tendance qui se dégage est claire : la perte de biodiversité s'accélère au lieu de ralentir », a souligné Achim Steiner, directeur général de l'UICN. « La biodiversité ne sera pas sauvée par les seuls spécialistes de l'environnement, il faut qu'elle devienne la responsabilité de chacun d'entre nous ». Selon cette liste publiée chaque année, 16.119 espèces sur les 40.177 suivies sont menacées d'extinction, parmi lesquelles un tiers des amphibiens, considérés comme les meilleurs indicateurs de l'altération de l'environnement, un quart des arbres conifères, un quart des mammifères et un huitième des oiseaux. L'UICN indique que 784 espèces sont officiellement éteintes et que 65 espèces n'existent plus qu'à l'état captif ou cultivé. Alors que l'objectif de la communauté internationale est de ralentir fortement le rythme annuel de perte de biodiversité d'ici à 2010, souligne l'UICN, de nouvelles espèces ont fait leur entrée dans la liste rouge 2006, dont l'ours polaire, victime du réchauffement climatique et désormais classé « vulnérable ». Sous l'effet de la fonte de la banquise, les ours blancs devraient subir un déclin de plus de 30% de leur population dans les 45 prochaines années, estime l'UICN. Libération - 02 mai 2006 April 23 113.1Les ours polaires menacés de disparition
Les ours polaires auront disparus dans moins de 25 ans en raison du réchauffement climatique qui réduit considérablement la couche de glace dont ils dépendent pour se nourrir et se reproduire. C'est ce qu'a affirmé le scientifique australien Tim Flannery, en visite à Ottawa. La couverture de glace de l'Arctique baisse de huit pour cent par année et les ours polaires présentent déjà des signes de stress très importants a expliqué M. Flannery. Les ours polaires donnaient auparavant naissance à des triplés alors que maintenant ils n'ont qu'un petit, le temps de sevrage est passé de 18 à 12 mois et leur poids moyen a baissé de 15 pour cent, a dit M. Flannery. Il a aussi mentionné d'autres sources d'inquiétudes, à l'exemple du réchauffement de la rivière Fraser en Colombie-Britannique qui a tué les saumons au cours dernières années; et les forêts de la côte ouest qui ont été décimées par une infestation de coléoptères capable de survivre aux hivers plus doux. --
Alerte au réchauffement
Implanté dans plus de 90 pays, le WWF, organisation mondiale de protection de l’environnement, est l’une des plus importantes organisations indépendantes de protection de la nature et de l’environnement dans le monde.Depuis sa création en 1961, il a acquis expérience et renommée grâce à de nombreux succès en matière de sauvegarde des milieux naturels. Le WWF a pour objectif de stopper la dégradation de l’environnement dans le monde et de construire un avenir où les êtres humains pourront vivre en harmonie avec la nature : . en préservant la biodiversité du globe, . en garantissant une utilisation durable des ressources naturelles renouvelables, . en encourageant des mesures destinées à réduire la pollution et la surconsommation. Le changement climatique est l’une des plus graves menaces écologiques, pour laquelle l’homme a une responsabilité importante. En rejetant de plus en plus de gaz à effet de serre dans l’atmosphère, nous en perturbons le fonctionnement et risquons de provoquer la disparition d’un million d’espèces, la fonte des glaces et la montée du niveau des mers ainsi qu’une augmentation des phénomènes extrêmes (canicules, inondations, tempêtes, désertification…) qui affecteront de nombreuses populations. Le WWF, par l’intermédiaire de son programme sur le changement climatique, alerte la communauté internationale et propose des solutions pour que chacun participe à la réduction des gaz incriminés (élus, entreprises, public). . Le WWF-France a fait de ce dossier une de ses priorités depuis 5 ans. Il met en place des actions et des projets de sensibilisation et d’information, pour promouvoir les économies d’énergie dans l’industrie et les transports et accélérer le développement des énergies propres et renouvelables pouvant réduire les émissions de gaz à effet de serre. L’Arctique continue à fondre ! Un rapport publié en 2005 montre sans équivoque que la région du Pôle Nord et de l’Arctique est l’une des plus exposées au désastre du réchauffement climatique. Ce rapport est le plus complet jamais réalisé sur les effets dévastateurs du changement climatique dans cette région. Le rapport, intitulé The Arctic Climate Impact Assessment (Evaluation de l’impact du climat dans l’Arctique) ou en abrégé ACIA*, est le résultat des travaux menés par quelque 250 scientifiques à la demande des gouvernements des pays de l’Arctique. Il prouve de manière irréfutable que le changement climatique est une réalité dans cette région et que ses effets ne pourront que s’accélérer et s’aggraver, à moins que les émissions de gaz à effet de serre soient réduites. Un réchauffement du climat de l’Arctique aura des conséquences locales (notamment sur les populations d’ours polaires) mais aussi au niveau de la planète tout entière, en accélérant le réchauffement climatique global et l’élévation du niveau des mers.
Une fonte importante de la banquise est d’ores et déjà observée et il y a un risque que, d’ici 50 ans, cette banquise devienne totalement liquide pendant la saison estivale. Cela priverait l’ours polaire de son milieu de vie ! Les principales conclusions du rapport sont : • Le changement du climat en Arctique résultant des activités humaines compte parmi les plus importants au niveau mondial : le réchauffement de l’Arctique sera potentiellement deux à trois fois plus fort que la moyenne dans le reste du monde. • L’ours polaire pourrait disparaître d’ici la fin de ce siècle : cette espèce a peu de chances de survivre si, comme le prédisent certains modèles climatiques, on devait assister d’ici moins de cent ans à une disparition complète de la banquise en été. • Certaines pêcheries arctiques sont condamnées à disparaître. • Au fur et à mesure que le climat se réchauffera, des difficultés de survie affecteront probablement les animaux, mais aussi les hommes vivant dans l’Arctique. • Une élévation du climat entraînera vraisemblablement un accroissement du risque d’incendies de forêts et une augmentation des dégâts dus aux tempêtes dont souffriront les communautés côtières de l’Arctique. • Les glaciers du Groenland et la glace de la toundra se mettront à fondre, contribuant ainsi à l’élévation globale du niveau des océans. . A l’heure actuelle, des dizaines de millions de personnes dans le monde vivent à moins d’un mètre au-dessus du niveau de la mer (au Bangladesh par exemple) ; des régions comme la Floride et la Louisiane aux Etats-Unis, de même que des villes comme Bangkok, Calcutta, Dhaka et Manille seraient mises en danger suite à l’élévation du niveau des océans. • La superficie de la calotte glaciaire du Groenland, qui subit une fonte estivale, s’est réduite d’environ 16 % entre 1979 et 2002. Il n’est pas impossible que le réchauffement climatique – si nous ne le maîtrisons pas - iprovoque à terme une fonte complète de la calotte glaciaire du Groenland, ce qui entraînerait une élévation du niveau des océans de sept mètres environ. • La fonte des glaces dans l’Arctique accélérera le réchauffement climatique global en réduisant la capacité de ces glaces blanches à refléter la chaleur du soleil vers l’espace. • Le réchauffement du climat de l’Arctique pourrait éventuellement altérer le Gulf Stream, ce courant vital qui assure des températures tempérées en France et en Europe du nord-ouest. L’ours polaire aura-t-il encore de la glace ? Si nous pouvons assurer un avenir à cette espèce en réduisant nos émissions de gaz à effet de serre, nous pourrons garantir la survie de milliers d’autres espèces partout dans le monde. Pour plus d’information --> www.wwf.fr
April 19 112.1« 60 % des morts de cétacés sont naturelles, le reste est lié à la pêche »
Pour les mois de février et mars, 300 cadavres de cétacés ont été collectés sur la côte atlantique, un chiffre qui inquiète le réseau national d'observation des échouages, basé à La Rochelle. Son coordinateur, Olivier Van Canneyt, explique pourquoi. Le nombre d'échouages enregistré ces derniers mois est-il alarmant ? C'est la hausse de ces échouages que nous jugeons préoccupante. Depuis les années 90, leur nombre a considérablement augmenté, avec des pics hivernaux que nous ne savons pas expliquer. Dans le golfe de Gascogne, le phénomène est particulièrement visible à cause du vent d'ouest qui ramène les cadavres vers la côte. C'était le cas en février. On se pose la question de l'impact de la pêche sur cette forte mortalité. Les dauphins fréquentent beaucoup la zone côtière en hiver, car il y a plus de nourriture, et cela crée des interactions avec les pêcheurs. Mais nous ne sommes pas encore capables de les mesurer réellement. Pour les marsouins, l'analyse est différente. L'espèce avait quasiment disparu dans les années 70, donc plus d'échouages. Aujourd'hui, on est revenu à une cinquantaine de cadavres annuels, et là, on ne s'inquiète pas, parce que ça signifie le retour de l'espèce et davantage de marsouins en mer. Quelles sont les solutions pour les protéger des captures accidentelles ? Les nouvelles générations de pêcheurs sont de plus en plus sensibles aux questions d'environnement, et nous travaillons beaucoup en partenariat avec eux. Pour les chaluts, l'Ifremer (Institut français de recherche pour l'exploitation de la mer) réfléchit à des techniques d'échappement afin de permettre aux cétacés de se libérer. Pour les filets, des balises ultrason appelées pingers sont déjà obligatoires dans toute l'Europe du Nord, jusqu'à la Manche. Elles fonctionnent très bien pour éloigner les marsouins. Mais ce que nous préconisons, c'est un aménagement de la pêche sur certaines zones et certaines périodes. Ce serait probablement le plus efficace. Ce n'est cependant pas dans l'air du temps. Quels sont les animaux concernés ? Nous les classons en trois catégories. Il y a les phoques, qui représentent entre 60 et 90 échouages par an, et dont la majorité arrivent vivants mais épuisés. En général, ce sont des jeunes séparés de leur mère. Ils sont recueillis et envoyés à Brest où le centre Océanopolis possède une grosse clinique pour les soigner puis les réintroduire. Il y a aussi tous les petits cétacés, dauphins et marsouins, avec 500 à 900 échouages par an. Une très faible minorité arrivent vivants. On essaye de les renflouer, mais, dans 95 % des cas, ils meurent rapidement. Cela dit, les cadavres sont un outil précieux, Ils nous permettent de collecter des informations et de mieux connaître ces espèces. Il y a enfin les gros cétacés, 5 à 10 rorquals (baleines) et cachalots découverts par an. Pour eux, nous nous occupons de l'équarrissage imposé par la loi. Et là aussi, nous profitons du découpage pour faire des prélèvements. A quoi servent ces prélèvements ? Les prélèvements sont une source irremplaçable d'informations pour des espèces que l'on ne peut pas capturer facilement. Nous analysons leurs dents, le contenu de l'estomac, le gras, le muscle, le foie... Ça nous a permis de progresser énormément dans la connaissance du régime alimentaire des dauphins, mais aussi de leur reproduction, qui était très méconnue. Grâce au prélèvement d'ovaires, on a ainsi éclairci l'âge de la maturité sexuelle chez la femelle, le nombre de petits qu'elle peut avoir. En se penchant sur leur patrimoine génétique ou leur exposition à la pollution, on apprend par ailleurs à mieux les protéger. Vous avez évoqué l'impact de la pêche sur la mortalité des mammifères marins. Est-ce la seule cause ? Sur un an, on estime que 60 % des décès sans raison apparente sont des morts naturelles. Ces animaux étaient soit malades, soit infectés par des parasites comme des vers, soit vieux, tout simplement. Un grand nombre de décès reste quand même lié à la pêche. Les animaux sont pris dans les filets ou les chaluts pélagiques et ils s'asphyxient car ils ne peuvent pas remonter à la surface pour respirer. On les repère à leurs blessures : ils ont souvent les nageoires coupées, ou des fractures. Pour les baleines et les cachalots, c'est un peu différent. Il n'y a pas de problème majeur identifié. Ce sont plutôt des individus égarés qui se font piéger par un courant et sont portés vers la plage. Libération - 19 avril 2006 April 18 111.2La Chine jamais en panne de censure
Pékin durcit son contrôle sur les journaux étrangers. Le gouvernement de Pékin renforce son contrôle sur les éditions chinoises de magazines étrangers. Première victime visible de ce raidissement politique, Rolling Stone, le mensuel de la contre-culture hippie. Disponible dans les kiosques de Pékin depuis le mois de mars, son deuxième numéro, qui devait sortir le 1er avril, a été suspendu par les autorités chinoises. Hao Fang, son rédacteur en chef, assure qu'il sera en vente cette semaine, mais avec une couverture amputée de son titre original. Seul figurera le nom de son éditeur et partenaire chinois, Yinxiang shijie (Le monde de la musique). Le contenu, soutient Hao Fang, « n'a toutefois pas été modifié ». Velours. Le numéro un, diffusé en mars à 125 000 exemplaires tous vendus, a sans doute jeté le pavé un peu loin. L'un des articles était consacré à la scène musicale pendant la « révolution de velours » de Prague. Une photo montrait le rocker Cui Jian sur la place Tiananmen, lors d'un concert devant les étudiants qui occupaient la place pendant le mouvement démocratique de 1989. Suivaient quatre pages d'entretien avec la blogueuse chinoise, Mu Zimei, connue pour raconter sa vie sexuelle sur l'Internet. La suspension du mensuel « sex n'rock n'roll » n'a pas posé de difficulté technique aux censeurs puisqu'en Chine, les éditeurs étrangers n'ont pas de droit de publier en leur nom propre. Ils ne sont autorisés qu'à « vendre » les copyrights de leurs publications à un partenaire éditeur chinois (appelé ici une belle-mère), seule entité juridiquement reconnue. Ainsi Hachette, qui édite plusieurs magazines, n'est officiellement siglé qu'en tant que « compagnie publicitaire ». Chaque titre doit être homologué par l'Administration générale de la presse et des publications (Gapp), « ce qui n'est pas encore le cas de Rolling Stone », reconnaît Hao Fang. Cette reprise en main du Département de la propagande du parti touche, depuis janvier, tous les médias chinois. Ce genre de purge, cyclique dans le pays, sévit en moyenne tous les deux ou trois ans depuis 1976. Le mensuel anglophone gratuit de Pékin That's Beijing, destiné aux touristes, s'est vu, ce mois-ci, retoquer sa couverture et son article principal consacré à l'artiste-peintre contemporain Huang Rui, célèbre pour ses portraits de Mao sur fond de billets de banque, et ses détournements sarcastiques de slogans politiques. « Le censeur nous a dits : "Huang Rui, c'est hors de question !", raconte un Occidental responsable de ce périodique qui doit salarier pas moins de cinq censeurs chinois. Certains sont plus cool que d'autres, c'est pourquoi on s'est dit que l'article aurait pu passer ». Leon Lee, le rédacteur en chef, tire les leçons de cet épisode : « De toute façon, si on ne s'autocensure pas, on est censuré par quelqu'un d'autre... » Sciences. La docilité est néanmoins un plus aux yeux des autorités lorsqu'il s'agit de faire le tri parmi les nombreux éditeurs attirés par le foisonnant marché publicitaire chinois (environ 700 millions d'euros en 2005). La mode, sujet neutre, est un terrain sûr. Vogue, Cosmopolitan, Harper's Bazaar, ont leurs éditions locales. Hachette fait partie des pionniers avec son Elle édulcoré, lancé en 1988, et Marie Claire, en 2002. « Le marché publicitaire chinois, depuis des années, connaît une croissance de 15 à 20 % », se félicite Cao Weiming, le directeur en Chine d'Hachette-Filippacchi Advertising. Néanmoins, les projets du groupe sont affectés par le tour de vis, Libération - 18 avril 2006 |
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